Classement PISA 2025 : la France décroche en maths et en lecture
Les résultats PISA 2025 de la France, publiés par l’OCDE : 458 en mathématiques, 456 en lecture, 483 en sciences. Évolution depuis 2003, inégalités, IA à l’école.

L’OCDE a publié en septembre 2026 les résultats de PISA 2025, l’enquête qui teste tous les trois ans les élèves de 15 ans dans plus de 90 pays. Pour la France, le constat se résume en trois chiffres : 458 points en mathématiques, 456 en lecture, 483 en sciences. Les sciences tiennent au niveau de la moyenne de l’OCDE ; les mathématiques et la lecture passent sous la moyenne et reculent plus vite qu’ailleurs.
Les scores de la France en 2025
| Domaine | France | Moyenne OCDE | Évolution France depuis 2022 | Évolution OCDE depuis 2022 |
|---|---|---|---|---|
| Mathématiques | 458 | 463 | −16 | −9 |
| Compréhension de l’écrit | 456 | 461 | −18 | −14 |
| Sciences | 483 | 482 | −4 | −3 |
| Résolution de problèmes informatiques (nouveau) | 497 | 500 | nouveau | nouveau |
21,3 % des élèves français de 15 ans sont en difficulté dans les trois domaines à la fois (sous le niveau 2), contre 19,7 % en moyenne dans l’OCDE. Seuls 9,8 % atteignent les meilleurs niveaux (5 ou 6) dans au moins un domaine, contre 11,9 %.
Vingt-cinq ans de recul en mathématiques
| Année | 2003 | 2006 | 2009 | 2012 | 2015 | 2018 | 2022 | 2025 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Mathématiques | 511 | 496 | 497 | 495 | 493 | 495 | 474 | 458 |
| Lecture | 496 | 488 | 496 | 505 | 499 | 493 | 474 | 456 |
Pendant quinze ans, les scores français ont plafonné autour de 495 en mathématiques. La chute arrive ensuite, en deux temps : −21 points entre 2018 et 2022, puis −16 jusqu’en 2025. Depuis 2003, la France a perdu 53 points en mathématiques.
Pour donner un ordre de grandeur, l’OCDE estime qu’une année d’apprentissage vers 15 ans vaut en moyenne une vingtaine de points, de 10 à 25 selon les pays. Elle déconseille toutefois de convertir mécaniquement un écart en années de scolarité : le rythme d’apprentissage n’est ni le même partout, ni constant dans le temps.
Une baisse générale, mais plus forte en France
La France n’est pas seule à reculer. Entre 2015 et 2025, la moyenne de l’OCDE a perdu 22 points en mathématiques (de 485 à 463) et 28 points en lecture (de 489 à 461). La baisse touche presque tous les pays riches, et l’OCDE insiste dans son rapport sur la lecture approfondie et la capacité de concentration.
La France se distingue par la vitesse de sa chute récente en mathématiques et en lecture, et par une part d’élèves en difficulté un peu au-dessus de la moyenne. Selon Eurostat, la part des élèves faibles en mathématiques est passée de 21,3 % en 2018 à 28,8 % en 2022, au niveau de la moyenne européenne (29,5 %).
L’école reste très inégalitaire
L’écart de score en sciences entre les élèves les plus favorisés et les plus défavorisés atteint 100 points en France, contre 85 en moyenne dans l’OCDE. Le milieu social explique 13,5 % des différences de résultats, contre 11,6 % en moyenne, et seuls 11 % des élèves défavorisés se classent dans le quart des meilleurs résultats du pays (les élèves que l’OCDE appelle « résilients »), contre 11,9 % en moyenne.
Les écarts entre filles et garçons suivent la tendance générale : les filles devancent les garçons de 32 points en lecture (473 contre 441), les garçons devancent les filles de 13 points en mathématiques (464 contre 451).
L’IA à l’école : les élèves français moins accompagnés
Pour la première fois, PISA mesure l’usage de l’intelligence artificielle. 37,4 % des élèves français disent utiliser l’IA au moins une fois par semaine pour apprendre, contre 45,5 % en moyenne. Surtout, seuls 46,8 % apprennent en classe à évaluer une information produite par une IA, contre 62,6 % dans l’OCDE.
L’OCDE relève par ailleurs que la France a recentré ses programmes sur la lecture et la compréhension de l’écrit dans toutes les disciplines, une orientation qu’elle juge utile à l’heure des écrans.
Ce qu’un président peut y faire
Les élèves qui passeront PISA au début des années 2030 sont aujourd’hui à l’école primaire ou au collège. Une réforme de l’école primaire votée en début de mandat ne se lit donc dans PISA qu’une dizaine d’années plus tard, bien après l’élection suivante. C’est tout le dilemme : l’école est l’investissement le plus lent qu’un gouvernement puisse faire.
Dans France Simulator, la page École pose ce dilemme. Cinq programmes s’y lancent par la loi, avec le coût et l’effet que leur attribue le Conseil d’analyse économique : classes à 19 élèves, formation continue et accompagnement des enseignants, tutorat, logiciels d’exercices adaptatifs. L’effet arrive à mesure que les élèves les suivent, avec sa fourchette, et ne s’additionne pas d’un programme à l’autre : aucune évaluation ne les a mesurés ensemble. Rejoindre la moyenne de l’OCDE est l’un des onze chantiers du mandat. Ce qui n’a pas d’évaluation sérieuse, comme les groupes de besoins ou le salaire des enseignants, reste « non chiffré ».